Lorsque l’on approche des années lycée en instruction en famille, la question du diplôme de fin d’études finit toujours par pointer le bout de son nez. En France, la réponse la plus connue est bien sûr le baccalauréat. Mais depuis quelques années, une autre possibilité attire de plus en plus de familles : le High School Diploma (souvent abrégé en HSD).

Commençons d’abord par comprendre ce qu’est le High School Diploma et pourquoi il est si intéressant quand on fait l’école à la maison…

Qu’est-ce que le High School Diploma et quel est son intérêt en IEF ?

Le High School Diploma est le diplôme délivré à la fin du lycée aux États-Unis. À la différence du baccalauréat français, il ne repose pas sur un examen final, mais sur la validation progressive de plusieurs matières au cours des quatre années du lycée (du 9th grade au 12th grade).

(Contrairement au lycée français, qui se déroule sur trois années, le lycée américain s’étend sur quatre ans.)

Cela ressemble un peu à du contrôle continu : l’élève doit obtenir un certain nombre de “crédits” dans différentes disciplines obligatoires (anglais, mathématiques, sciences, histoire, langues étrangères, activités physiques…). Chaque cours suivi et validé compte pour une partie du diplôme.

Cela est très avantageux, car les progrès de l’élève sont évalués dans la durée et le parcours est plus simple et personnalisé. J’apprécie aussi que le travail régulier prime sur la préparation d’un examen final (pour lequel les élèves bachotent, mais ne retiennent rien).

Pour de nombreuses familles en IEF, cette façon de valider les apprentissages pour accéder à des études supérieures est plus cohérent avec leur manière d’accompagner leurs enfants.

En effet, préparer un examen unique comme le bac peut parfois sembler en décalage avec le chemin parcouru. Le High School Diploma, à l’inverse, permet de valoriser le travail construit sur plusieurs années. Il n’y a pas de rupture : l’enfant n’arrête pas d’apprendre à sa façon pour se préparer à passer un examen.

Autre raison de s’intéresser au HSD : il est reconnu à l’international. Un élève ayant le High School Diploma peut candidater dans de nombreuses universités, notamment aux États-Unis, mais aussi dans d’autres pays. Il peut également poursuivre ses études en France, en fonction des établissements et des parcours envisagés.

Cela ne signifie pas que le HSD ouvre toutes les portes – d’ailleurs, il peut être nécessaire de l’accompagner d’attestations de réussite à des tests tels que le SAT – mais il constitue un diplôme reconnu.

Une porte d’entrée bien connue en France : Clonlara

Lorsqu’une famille française s’intéresse au High School Diploma dans le cadre de l’instruction en famille, le même nom revient souvent : Clonlara.

Depuis plusieurs années, cet organisme américain s’est fait connaître auprès des familles en IEF grâce à son programme “Off-Campus”, spécialement conçu pour les élèves instruits en dehors du système scolaire classique.

C’est d’ailleurs par cette voie que de nombreuses familles – comme nous ! – découvrent l’existence du High School Diploma.

Clonlara possède plusieurs atouts :

  • un cadre qui rassure : la famille est accompagnée par un conseiller qui suit l’élève tout au long de son parcours. Ensemble, ils définissent les objectifs, les matières étudiées et la manière de valider les apprentissages.
  • une liberté pédagogique : Clonlara est apprécié pour la liberté laissé aux familles. Cet organisme n’impose pas de programme ou de manuels spécifiques, les contenus sont choisis par la famille, en fonction du niveau, des intérêts, du rythme de l’élève… et de la pédagogie choisie. Il y a toutefois des crédits obligatoires ce qui oblige l’enfant à travailler certaines matières (par exemple : il y a deux crédits d’anglais obligatoires à obtenir sur les quatre ans du parcours). Mais il peut le faire de façon beaucoup plus libre que dans le système classique. Il n’y a également pas de notes, la validation des crédits repose sur un lien de confiance entre l’élève et le conseiller.
  • une façon très personnalisée de rendre compte des apprentissages : l’élève rend compte de ses apprentissages à travers des « spirales » où il explique ses démarches, les supports utilisés, ce qu’il a fait concrètement, etc. Il doit aussi s’évaluer. Au fur et à mesure des semestres, il cumule les crédits nécessaires à l’obtention du diplôme.
  • un parcours en français : la filiale française a un site en français, des conseillers français et les matières à créditer sont adaptées à la France (ce qui est unique). On pense souvent à tort qu’il faut parler anglais parce que c’est un diplôme américain. Mais chez Clonlara, ce n’est pas nécessaire. Les élèves doivent travailler l’anglais (comme je l’ai dit, cette matière figure parmi les crédits obligatoires), mais tout le reste peut se faire en français. À ce jour, Clonlara est le seul organisme implanté en France permettant d’obtenir le HSD.
  • une grande communauté : Clonlara met de nombreuses choses en place pour sa communauté – des rencontres physiques ponctuelles, des canaux de communication diversifiés, des événements participatifs… il y a aussi des clubs thématiques proposés par les conseillers, par des élèves, des groupes sur Discord, etc. Ces échanges nourrissent le lien et les apprentissages.

Clonlara et la question du coût

Mais ce cadre et cet accompagnement ont un coût, qui peut représenter un budget conséquent pour une famille, notamment sur les quatre années nécessaires à l’obtention du diplôme. À ce jour, le coût de la première inscription annuelle chez Clonlara s’élève à environ 2 000 euros, puis à 1 800 euros pour les années suivantes. Ce tarif a beaucoup augmenté ces dernières années.

Lorsque j’ai commencé à me renseigner sur le High School Diploma, j’ai, comme beaucoup de familles, découvert Clonlara immédiatement. À ce moment-là, j’étais tellement soulagée de trouver une solution « hors bac » que la question du coût est passée au second plan. Mais voilà que deux ans sont passées, que notre seconde année ne s’est pas aussi bien passée que la première, et que par conséquent la dimension financière a pris plus de place.

Préparer le High School Diploma sur plusieurs années représente un investissement qui n’est pas accessible à toutes les familles, d’autant plus lorsqu’on a plusieurs enfants concernés, ou lorsque les finances sont déjà justes.

Sans entrer dans les détails, il me semble important de noter que cette question du coût peut devenir un frein pour certaines familles, qui pourraient pourtant être intéressées par ce diplôme.

Quand l’expérience invite à se remettre en question

De notre côté, la réflexion sur le coût s’est accompagnée de notre expérience vécue au cours de nos deux années chez Clonlara.

La première année s’était très bien déroulée. J’en avais d’ailleurs fait un article. Nous avions été accompagnés par une super conseillère, avec laquelle les échanges étaient réguliers et constructifs. Ce suivi donnait du sens et justifiait le coût. De plus, nous nous sentions vraiment soutenus.

La deuxième année a été différente. Le changement de conseillère a été pour nous une vraie déception et nous avons peu à peu eu le sentiment de ne plus recevoir d’aide utile, voire de ne plus être à notre place.

Cette différence d’une année à l’autre a marqué un tournant. Pas parce qu’elle remet en cause l’ensemble du fonctionnement (je sais, par expérience et grâce à mes connaissances chez Clonlara, que l’accompagnement est le plus souvent de qualité), mais parce que j’ai compris qu’une grande partie de la valeur de ce type de parcours repose sur la relation humaine.

J’ai alors beaucoup réfléchi et je me suis demandé ce que nous cherchions vraiment dans cet accompagnement, et s’il nous en fallait vraiment un. Je me suis également demandé s’il existait d’autres solutions. J’ai alors commencé à me renseigner, à échanger avec d’autres familles et à découvrir d’autres options.

Les alternatives à Clonlara pour obtenir le High School Diploma

Au fil de mes recherches, j’ai découvert plusieurs structures permettant d’obtenir un High School Diploma en dehors de Clonlara. Ces alternatives ne sont pas “meilleures” ou “moins bonnes”, elles reposent seulement sur des approches différentes qui ne conviendront pas à toutes les familles.

Je tiens à préciser que les informations que je donne ici ne sont pas basées sur mon expérience personnelle, mais sur des échanges que j’ai eus avec des parents qui y ont inscrit leurs enfants. Ils m’ont assuré que chaque organisme délivre un HSD reconnu par l’État français comme étant de niveau 4, soit le même niveau que le baccalauréat. Chaque organisme fournit également le même service administratif (cumul des crédits, bulletins, diplôme).

Précision importante : à ce jour, lorsque l’on formule ses vœux sur Parcoursup, les diplômes étrangers se déclarent de façon particulière ; l’organisme qui a délivré le diplôme n’est pas précisé. Le HSD délivré par tel organisme n’a donc ni plus ni moins de valeur que celui délivré par tel autre organisme.

Gabriele Academy 

La Gabriele Academy est une petite structure éducative privée pour les familles qui souhaitent un cadre flexible. Elle propose un modèle ouvert qui ne repose pas sur un système strict de crédits à valider dans chaque matière. Autrement dit, l’élève compose vraiment son propre programme, sans matières obligatoires.

Points forts : très grande liberté dans les apprentissages, parfait pour les parcours atypiques, coût bas (aux alentours de 100e l’année), système simplifié pour rendre compte des apprentissages (le système des spirales de Clonlara est complexe et prend du temps), la fondatrice parle français.

Points faibles : pas de conseillers, demande de faire confiance au processus, peut être déstabilisant pour certaines familles qui ont besoin d’un cadre clair, le HSD n’est pas accrédité (j’explique plus bas ce qu’est l’accréditation).

Home Life Academy

Home Life Academy est assez similaire à la Gabriele Academy, excepté qu’elle est davantage connue et existe depuis plus longtemps. Elle se présente d’abord comme un ministère chrétien, puis comme une école : l’objectif est de soutenir les familles dans leur appel à instruire leurs enfants à la maison, en les encourageant spirituellement et pédagogiquement. Cependant, il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour s’inscrire ^^

Points forts : grande liberté dans les apprentissages, cadre présent avec des conseillers si besoin et des crédits obligatoires à valider, coût bas également (aux alentours de 200e il me semble, mais je n’arrive pas à bien comprendre leurs multiples frais), système simplifié pour rendre compte des apprentissages, possède une certaine notoriété.

Points faibles : contenus en anglais uniquement, organisme non-accrédité.

Homeschool Directive

La Homeschool Directive possède une approche qui paraît assez proche de Clonlara. En effet, elle propose un accompagnement personnalisé, tout en laissant une grande liberté sur le contenu des apprentissages. Seule une amie m’a parlé de cet organisme, mais j’ai pensé qu’il pouvait être une piste intéressante à indiquer.

La Homeschool Directive est accréditée et le coût est d’environ 800e par an, ce qui représente une sorte de solution intermédiaire entre Clonlara et la Home Life Academy ou la Gabriele Academy. Par contre, tout est en anglais.

Mise à jour : j’ajoute deux solutions qui m’ont été communiquées.

Academica

Academica est une structure américaine, partenaire de l’école privée française EIB. Elle propose des cours en ligne avec des professeurs américains. Cet organisme offre la possibilité d’accompagner le double diplôme bac + HSD, ou seulement le HSD. Il y a 4 matières obligatoires et des matières libres (Elective) à choisir. Le coût démarre à 1440e l’année. Le gros avantage selon moi est le fait que les enfants vont travailler avec des natifs et donc énormément progresser en anglais.

Faire son propre transcript

Une maman vivant aux États-Unis m’a expliqué que les parents peuvent établir leur propre transcript (bulletin) et le faire valider par un organisme habilité. Ils peuvent aussi le faire accréditer.

Il existe probablement d’autres structures, et si vous avez envie de partager votre expérience, merci de le faire en commentaire 🙏

La question de l’accréditation

Aux États-Unis, une école peut être “accréditée” par un organisme indépendant (une agence d’accréditation) qui atteste que son fonctionnement a été évalué et qu’elle respecte certains standards. C’est une sorte de label.

Sur le papier, une école accréditée comme Clonlara ou Homeschool Directive offre un cadre jugé plus structuré et délivre un diplôme plus facilement identifiable comme “scolaire”, ce qui peut être plus rassurant pour des parcours internationaux.

Mais pour une famille en IEF, l’impact n’est pas aussi important. Une école accréditée peut offrir un excellent suivi ou un suivi très variable, et l’accréditation n’est pas indispensable pour entrer à l’université. Beaucoup d’universités américaines acceptent des élèves instruits à la maison, avec des diplômes non accrédités, voire même avec des transcripts faits par les parents. Ce qui compte souvent davantage ce sont le dossier global, les résultats à des tests standardisés (SAT, ACT, etc.), les projets, activités, lettres…

En France, c’est encore autre chose, car le High School Diploma, accrédité ou non, n’a pas d’équivalence automatique avec le baccalauréat.

Peut-on étudier en France avec un High School Diploma ?

Oui, un élève ayant un High School Diploma peut tout à fait étudier dans l’enseignement supérieur français via Parcoursup. Il est également possible de demander une attestation d’équivalence auprès de l’institut ENIC-NARIC. Le dossier est étudié au cas par cas par les établissements, qui s’appuient sur l’ensemble du parcours (matières suivies, niveau académique, activités, projets…). Le transcript, c’est-à-dire le relevé détaillé des quatre années, est alors très important.

D’un certain point de vue, le HSD est un atout, car les dossiers des élèves ayant un profil atypique ont plus de chances d’être lus avec attention.

Dans tous les cas, les exigences varient beaucoup d’une formation à l’autre : certaines sont ouvertes, d’autres plus sélectives. On m’a également rapporté qu’une même université pouvait accepter un élève ayant obtenu le HSD et en refuser un autre. Il n’y a donc aucune garantie, et le mieux est probablement de multiplier les demandes dans différentes filières (comme pour les élèves qui ont le bac en somme ^^).

Personnellement, nous n’en sommes pas encore là. Il nous reste encore deux années avant de connaître les affres de Parcoursup… Je ne peux donc que me baser sur les témoignages d’autres parents.

En résumé

Avec le recul, je me rends compte que certaines choses auraient pu changer ma manière d’aborder le HSD, et c’est la raison pour laquelle je tiens à partager mon expérience dans cet article. Si je devais retenir trois points pour choisir une structure, ce serait les suivants :

  1. Le High School Diploma n’est pas lié à une seule structure : au début, j’avais tendance à l’associer à Clonlara, mais j’ai compris qu’il s’inscrivait dans un système éducatif plus large et qu’il existait plusieurs manières de l’obtenir, avec des niveaux d’accompagnement différents. Cette simple prise de conscience ouvre déjà de nombreuses possibilités. Pour notre part, le fait de bénéficier d’un cadre avec des conseillers français nous a beaucoup aidés à nous lancer dans cette voie.
  2. Une grande partie du travail se fait en réalité en autonomie : tous les organismes que j’ai présentés ici ne proposent pas de cours (ou alors, ils sont payants). Il est très important de le comprendre. En revanche, ils comptabilisent en crédits ce que nous faisons à la maison. Donc même avec un accompagnement, la réalité du HSD repose largement sur le travail de l’élève, l’implication de la famille et la capacité à organiser et valoriser ce qui est fait.
  3. Le coût est lié au modèle : le prix d’un programme comme Clonlara se justifie par le type d’accompagnement proposé. Il existe toutefois d’autres modèles moins encadrés qui peuvent convenir à certaines familles et rendre le HSD plus accessible sur le plan financier.

Dans tous les cas, il me semble important de souligner qu’il n’existe pas une seule bonne façon de préparer le High School Diploma.

Certaines familles auront besoin d’un cadre très structuré. D’autres préféreront plus de liberté. D’autres encore opteront pour une approche hybride (certains élèves préparent par exemple à la fois le High School Diploma et le baccalauréat).

Comme pour l’instruction en famille elle-même, l’essentiel est de pouvoir choisir une voie qui corresponde à son enfant, à sa famille, à ses contraintes, au moment présent.

Si cet article peut contribuer, même modestement, à élargir le champ des possibles et à rendre ces choix plus éclairés, alors il aura rempli son rôle 🙂

J’arrive au bout de ce long, très long, article ! Le sujet est complexe, et il reste sans doute des zones d’ombre. N’hésitez pas à poser vos questions en commentaire si besoin !