Nous arrivons au bout des 9 tomes de cette merveilleuse série écrite par Laura Ingalls Wilder que vous avez peut-être connue grâce à la série télévisée qui passait sur M6 à midi. Personnellement, c’était la série que je regardais à l’heure du déjeuner quand je rentrais de l’école pour manger. En écrivant cela, j’ai bien sûr le générique qui s’enclenche dans ma tête et je me dis que c’est fou à quel point une histoire peut traverser les âges et enflammer le cœur de génération en génération.

La version télévisée de La Petite Maison dans la prairie est donc une adaptation de la série de livres écrits par Laura Ingalls Wilder. On y retrouve certains personnages et de nombreux passages de ceux décrits dans les livres mais pas tous, pas dans le même ordre. Il y a des personnages comme les parents de Nellie Oleson qui sont juste une pure invention pour la série télévisée. Même Nellie est beaucoup plus présente dans la série qu’elle ne l’est dans les 9 tomes. En fait, elle n’apparaît principalement que dans trois tomes sur neuf, et de façon assez ponctuelle finalement.

N’est-ce pas assez drôle de devoir écrire un mode d’emploi pour lire une série de romans ? Je le pense aussi mais en même temps je crois que La Petite Maison dans la prairie fait partie de ces livres qui ont une histoire et qu’il n’est pas si facile de savoir par où commencer.

Le contexte historique de La Petite Maison dans la prairie

La Petite Maison dans la prairie raconte la vie des pionniers américains à travers l’histoire de Laura Ingalls Wilder et sa famille. Qui sont les pionniers ? En résumé, ce sont les colons américains et immigrés européens qui étaient surtout installés à l’Est des Etats-Unis et qui ont peu à peu migré vers l’Ouest (après la vente de la Louisiane par Napoléon en 1803) pour d’abord coloniser les plaines des Etats-Unis, où vivaient les tribus autochtones, puis le grand Ouest. Cette “conquêtes de l’Ouest” s’est déroulée du début du XIXe siècle à 1890 (date à laquelle le gouvernement américain a annoncé la fin de la conquête de l’Ouest).

Cette colonisation s’est faite assez rapidement grâce au gouvernement qui offrait des terres aux colons. Chaque colon se mettait à faire “une course à la terre”, puisque c’était la promesse de devenir propriétaire gratuitement d’une maison (qu’il devait construire) et d’un assez grand terrain à cultiver. C’est comme si, aujourd’hui, on avait découvert un nouveau territoire, et qu’on vous offrait un terrain si vous vouliez bien vous y installer. Pour de nombreuses personnes qui ne peuvent pas devenir propriétaire, ce serait un rêve qui se réalise. La seule condition serait que vous y restiez pendant un certain nombre d’années, que vous défrichiez la terre et ensemenciez des cultures. Bien sûr cette colonisation s’est faite au détriment des tribus indigènes et a entraîné de nombreuses guerres sanglantes et une transformation des pratiques indigènes avec le commerce des fourrures par exemple.

Alors quand on parle de la conquête de l’Ouest, cela s’est fait progressivement, c’est surtout une conquête du centre d’abord. Tous les pionniers ne sont pas arrivés de l’autre côté des Etats-Unis d’un coup, ils ont colonisé les vastes plaines où les tribus nomades indigènes se déplaçaient et chassaient le bison. Laura a grandi dans le Wisconsin et a aussi habité dans le Missouri, l’Iowa et le Dakota. Ce sont les régions du Midwest. Cette période de conquête de l’Ouest est aussi celle de la ruée vers l’or, du “Far-west (“l’ouest lointain”), des cow-boys et des indiens”.

Parution de La Petite Maison dans la prairie

Laura Ingalls Wilder est née en 1867 et est décédée en 1957, à l’âge de 90 ans. Elle a écrit au total 11 tomes de La Petite Maison dans la prairie, dont 3 ont été publiés à titre posthume. Sur ces 11 livres, 9 ont été traduits en français.

Photographie de Laura Ingalls Wilder (1867-1957)

En 1930, alors que Laura Ingalls Wilder a 72 ans, elle écrit son autobiographie Pioneer Girl (qui a été éditée en 2014 dans une version annotée, non traduite à ce jour en français), mais elle n’arrive pas à la faire publier car les éditeurs trouvent son récit trop dur. Elle le réécrit sous le titre Little House in the Big Wood (La Petite Maison dans les grands bois) en gommant certains éléments pour rendre le récit adapté à un jeune public. Le livre sera alors publié par l’éditeur Harper & Row. Le succès immédiat rencontré par cette parution l’encourage à écrire la suite et lui permet de vivre confortablement pendant ses dernières années.

Voici les 11 livres dans l’ordre de parution :

  • 1932 : Little House in the Big Wood (La Petite Maison dans les grands bois)
  • 1933 : Farmer Boy (Un enfant de la terre)
  • 1935 : Little House on the Prairie (La Petite Maison dans la prairie)
  • 1937 : On the Banks of Plum Creek (Au bord du ruisseau)
  • 1939 : By the Shores of Silver Lake (Sur les rives du lac)
  • 1940 : The Long Winter (Un hiver sans fin)
  • 1941 : Little Town on the Prairie (La Petite Ville dans la prairie)
  • 1943 : These Happy Golden Years (Ces Heureuses Années)
  • 1962 : On the Way Home (posthume, non traduit en français)
  • 1971 : The First Four Years (posthume, Les Jeunes Mariés)
  • 1974 : West From Home (posthume, non traduit en français)

Traduction française de La Petite Maison dans la prairie

Première édition française (1978)

Entre 1978 et 1980, les éditeurs Castor Poche Flammarion publient 8 tomes de La Petite Maison dans la prairie dans cet ordre :

  • 1978 : La Petite Maison dans la prairie (Little House on the Prairie), traduit par Hélène Seyrès
  • 1978 : Au bord du ruisseau (On the Banks of Plum Creek), traduit par Catherine Cazier et Catherine Orsot
  • 1978 : Sur les rives du lac (By the Shores of Silver Lake), traduit par Catherine Cazier et Catherine Orsot
  • 1978 : Un enfant de la terre (Farmer Boy), traduit par Marie-Agnès Jemmaire et Hélène Seyrès
  • 1979 : Un hiver sans fin (The Long Winter), traduit par Catherine Cazier et Catherine Orsot-Navau
  • 1979 : La Petite Ville dans la prairie (Little Town on the Prairie), traduit par Catherine Cazier et Catherine Orsot-Navau
  • 1979 : Ces Heureuses Années (These Happy Golden Years), traduit par Marie-Agnès Jemmaire
  • 1980 : Les Jeunes Mariés (The First Four Years), traduit par Hélène Seyrès

Cette première édition concerne les livres qui ont cette couverture :

On peut donc se rendre compte que la première édition française a :

  • supprimé le premier tome, La Petite Maison dans les grands bois,
  • réorganisé l’ordre de parution en plaçant Un enfant de la terre en 4ème position alors que Laura l’avait fait publier en seconde position.

Le tome 1 est donc devenu La Petite Maison dans la prairie et non plus La Petite Maison dans les grands bois ; donnant ainsi le titre à l’ensemble de la série que Laura Ingalls Wilder avait tout simplement nommé Little House.

Cette première traduction a été rééditée en 1986. En voici les couvertures :

Traduction de La Petite Maison dans les grands bois

Le tout premier livre écrit par Laura, La Petite Maison dans les grands bois, fut enfin édité en 1994 par Castor Poche Flammarion. Il a été traduit par une nouvelle traductrice, Anne-Marie Chapouton.

Ce désordre de publication créé par Castor Poche Flammarion a entraîné le fait que beaucoup de personnes qui lisent ou ont envie de lire la série de romans, ne connaissent même pas l’existence de ce premier tome. Or il est in-dis-pen-sable pour entamer la lecture de la série. Ce n’est pas sans raison si Laura Ingalls Wilder l’avait écrit en premier. C’est vraiment dommage de passer à côté. On y découvre la vie de Laura et de sa famille alors qu’elle n’a même pas encore 6 ans. Ils vivent dans une petite maison en rondins, dans la forêt du Wisconsin, près de leur famille. Ce tome se déroule sur une année entière, ce qui lui donne un rythme vraiment agréable et captivant pour les enfants de tous âges.

Voici la couverture de l’édition de 1994 :

Faites donc attention lorsque vous commandez d’occasion les tomes de La petite maison dans la prairie, ce premier tome n’est jamais inclus. En effet, il ne fait pas partie des vieux livres édités entre 1978 et 1980.

Par ailleurs, j’ai appris que de ce premier tome, les éditions Père Castor Flammarion ont développé 4 albums illustrés en 1998 reprenant les moments phares de La Petite Maison dans les grands bois :

Je ne sais pas vous, mais j’aimerais beaucoup les acquérir ^^

Réédition de 2022

En 2022, les éditions Castor Poche Flammarion ont réédité l’ensemble des romans de La Petite Maison dans la prairie en gardant l’ordre de 1978, mais en intégrant La Petite Maison dans les grands bois au rang de tome O. Voici donc le nouvel ordre :

  • Tome 0 : La Petite Maison dans les grands bois
  • Tome 1 : La Petite Maison dans la prairie
  • Tome 2 : Au bord du ruisseau
  • Tome 3 : Sur les rives du lac
  • Tome 4 : Un enfant de la terre
  • Tome 5 : Un hiver sans fin
  • Tome 6 : La Petite Ville dans la prairie
  • Tome 7 : Ces Heureuses Années
  • Tome 8 : Les Jeunes Mariés

Cela fait donc au total 9 livres traduits à ce jour en français. Je n’ai pas comparé le texte des différentes éditions n’ayant que celle de 2022 en ma possession, mais a priori c’est le même texte puisque Castor Flammarion conserve dans ses mentions légales le copyright de traduction des premières traductions.

Le cas spécial d’Un enfant de la Terre

Un enfant de la terre est un tome un peu spécial car il ne raconte pas la vie de Laura Ingalls mais est consacré à l’enfance de son futur époux : Almanzo Wilder. Au début du livre, celui-ci a 9 ans. Almanzo est né en 1857 à New York, il est donc âgé de 10 ans de plus que Laura. En le lisant, je m’étais dit que c’était vraiment un livre à part, qui pouvait être lu à n’importe quel moment.

En fait, je trouve plus logique l’ordre initial de Laura Ingalls de le placer en seconde position car ce tome se déroule en 1866, et Laura n’est même pas encore née. Je pense que Castor Flammarion a décidé de le placer avant le tome 5, Un hiver sans fin, car c’est là qu’Almanzo adulte apparaît dans l’histoire. En effet, lui aussi s’est installé dans le Dakota pour acquérir une concession.

Photographie d‘Almanzo Wilder (1857-1949)

Le cas spécial de Les jeunes mariés

Les jeunes mariés est un livre un peu spécial pour différentes raisons :

  • déjà, il est beaucoup plus court que les autres romans de la série (il est même plus court que La Petite Maison dans les grands bois) ;
  • il ne possède que 4 chapitres, mais qui sont chacun très longs ;
  • le début du premier chapitre raconte à nouveau la fin du livre précédent, Ces Heureuses Années, ce qui est un peu étrange car Laura Ingalls ne fait jamais ça dans ses autres livres ;
  • la façon d’écrire est un peu différente des autres livres.

Cela m’a beaucoup intriguée jusqu’à ce que je découvre que ce livre a été publié à titre posthume. Je me suis d’abord demandé s’il n’avait pas été écrit par une autre personne que Laura Ingalls Wilder, mais au début du livre une note de l’éditeur américain explique que ce tome provient d’un manuscrit retrouvé dans les papiers de Laura. “Elle l’avait écrit au crayon sur trois cahiers d’écolier, à couverture orange”. L’éditeur suggère que ce livre aurait été écrit en 1950 et qu’après la mort d’Almanzo (en 1949, à l’âge de 92 ans), “elle ne s’y serait plus intéressée, que ce soit pour le réviser ou pour le compléter.”

Dans quel ordre lire La Petite Maison dans la prairie ?

Pour commencer, comme je le disais, il est indispensable de vous procurer en premier lieu La Petite Maison dans les grands bois. Vous regretteriez d’être passé à côté. C’est notre tome préféré avec les enfants, celui dont on a le plus de souvenirs, alors que c’est celui qu’on a lu en premier, il y a plusieurs années maintenant.

Ensuite, vous pouvez suivre l’ordre de Castor Flammarion, ou bien lire Un enfant de la Terre (mon deuxième tome préféré) avant les autres, en suivant l’ordre de Laura Ingalls Wilder.

Si vous décidez de lire Un enfant de la Terre, vous lirez ensuite les romans dans cet ordre :

  • Tome 1 : La Petite Maison dans la prairie
  • Tome 2 : Au bord du ruisseau
  • Tome 3 : Sur les rives du lac
  • Tome 5 : Un hiver sans fin
  • Tome 6 : La Petite Ville dans la prairie
  • Tome 7 : Ces Heureuses Années
  • Tome 8 : Les Jeunes Mariés

Concernant l’âge de lecture, ce sont des livres transgénérationnelles, c’est-à-dire qu’ils plairont aux très jeunes enfants (ma fille de deux ans va chercher le livre dans la bibliothèque le soir au moment de la lecture) et aux adultes (j’avais tellement du mal à patienter jusqu’au lendemain, qu’il m’est arrivé plusieurs fois de lire la suite en diagonal, une fois les enfants endormis… mais chuuuut ^^).

On arrive donc au bout de cet article qui, je l’espère, vous aura permis d’y voir plus clair dans cette célèbre série de romans. N’hésitez pas à me dire en commentaires si cet article vous a plu et s’il vous a aidé à y voir plus clair.